Synthèse Correspondant
L'un des cinq hommes arrêtés près de la base de la Royal Air Force (RAF) de Fairford, en Angleterre, a lui-même composé le 999, selon le Times, repris par le Guardian ; relayé par le Jerusalem Post et RTÉ News, le Times précise que cet appel a précédé d'environ une heure celui d'une agricultrice signalant, à 1h36 dimanche, trois camionnettes bloquant une route. L'appel du suspect compte parmi les raisons de l'intervention de la police armée, selon le Guardian ; les autorités, écrit le Jerusalem Post, ne savent toujours pas si le suspect voulait sincèrement faire échouer l'opération ou si cela faisait partie du plan.
Sur les faits bruts, les versions convergent : trois camionnettes, aucun engin explosif viable, cinq ressortissants britanniques d'une vingtaine d'années libérés sous caution lundi. Sur l'essence, les récits diffèrent : selon le Guardian, un seul des bidons trouvés par les premiers policiers en contenait ; selon le Jerusalem Post, une quantité importante de carburant a été retrouvée. La divergence principale porte sur la grammaire de la menace. D'un côté, Marco Rubio, secrétaire d'État américain, affirme sur Fox News que l'affaire implique « clairement la main d'un acteur étranger » — sans nommer de pays, note la Deutsche Welle, l'Iran n'arrivant que plus tard, sur un mode hypothétique. De l'autre, l'ambassade iranienne à Londres rejette « catégoriquement » ces spéculations et, selon l'ANSA, menace pour la première fois de poursuites judiciaires. Côté britannique, le Guardian rapporte que les enquêteurs jugent un lien iranien « de plus en plus probable ».
Selon NPR, les déclarations américaines et britanniques divergent aussi sur l'origine des arrestations : Donald Trump, président des États-Unis, affirme que les suspects étaient sous surveillance depuis longtemps, quand la police britannique dit que les arrestations ont été déclenchées par un appel nocturne ; une source citée dans la dépêche Reuters reprise par Yahoo News affirme que l'intervention de dimanche n'était pas guidée par le renseignement. Middle East Eye rappelle pour sa part que Nigel Farage, chef de Reform UK, a lié l'affaire à l'Iran et aux Gardiens de la révolution en affirmant avoir reçu des renseignements selon lesquels le régime iranien faisait entrer ses agents par les bateaux traversant la Manche ; le site précise que les suspects sont tous britanniques, et non des étrangers comme Farage l'avait supposé. L'ANSA ouvre l'éventail des hypothèses : négligence, provocation, « false flag » (opération sous faux drapeau).
L'ANSA va chercher la propriétaire d'une ferme qui dit avoir effrayé les hommes encagoulés avec ses seuls pleins phares, et des habitants évoquant un intérêt pour le « vol de gasoil » des fermes voisines. Le Guardian retient que les camionnettes portaient le logo d'une société légitime de transport de carburant, qui a nié en être propriétaire, et que les habitants de Whelford sont rentrés chez eux. La base de Fairford a servi cette année aux frappes américaines contre l'Iran, et les opérations de police autour de la base doivent s'achever mercredi, selon le site iranien yjc.ir et le quotidien bahreïni Al Watan, qui citent Reuters.



