Synthèse Correspondant
Matériel et personnels ont quitté la base d'Erbil, une batterie de missiles Patriot a été retirée, et Bagdad organise quatre « Journées de la souveraineté » : l'Irak célèbre, les Irakiens sont largement favorables au départ selon Reuters, et le président américain lui-même a dit ne plus voir l'utilité de l'armée là-bas. Plusieurs rédactions voient d'abord dans ce retrait un gain pour l'Iran, à commencer par la dépêche de l'agence Reuters que reprennent Daily Sabah, Al-Monitor et Digi24.
Sur les capacités irakiennes, deux mondes se répondent. Renad Mansour, du centre de réflexion Chatham House, cité par Arab News, juge les forces irakiennes « largement capables » de contenir Daech sans soutien américain direct, une capacité selon lui éprouvée depuis septembre dernier. Le journaliste Mutlu Civiroglu, dans le même journal, avertit que Washington parie gros et risque de répéter l'erreur de 2011 — année dont Shafaq News rappelle qu'elle avait été suivie d'un retour américain moins de trois ans plus tard, pour la guerre 2014-2017.
L'échéance du désarmement des milices, fixée au 30 septembre, est reportée à juin 2027 chez Al Jazeera, à l'été 2027 chez NOS Nieuws, à « l'année prochaine » chez Sky News Arabia — qui précise que le premier ministre Ali al-Zaidi et ses adjoints parlent eux-mêmes de ce report ; NOS Nieuws ajoute que des groupes comme Kataib Hezbollah et Harakat al-Nujaba refusent toujours de rendre les armes.
Deux textes sortent du récit politique. The Straits Times rappelle que les recettes pétrolières irakiennes — environ 90 % du budget de l'État — transitent depuis 2003 par la Réserve fédérale de New York, et qu'en 2020 Bagdad aurait reculé sur le départ des troupes après des menaces de couper l'accès à ces fonds. Felesteen est le seul à donner un bilan civil : jusqu'à 210 000 civils irakiens tués entre 2003 et 2023 selon le projet Cost of War de l'université Brown.
Reste la question des voisins du Golfe. Arab News rappelle que, selon l'Arabie saoudite, des drones partis d'Irak ont touché en septembre le pipeline Est-Ouest saoudien — Bagdad a ensuite confirmé l'origine irakienne et limogé le commandant militaire de la province de Maysan — et cite Joshua Landis, de l'université de l'Oklahoma : les États du Golfe doivent se préparer à un avenir avec moins de capacités américaines dans la région.



