Synthèse Correspondant
Quatre dirigeants signent le 4 octobre à New Alamein une déclaration qui réserve la gouvernance de la mer Rouge aux États riverains et soumet le Nil à notification et consensus préalables : Abdel Fattah al-Sissi pour l'Égypte, Isaias Afwerki pour l'Érythrée, Hassan Sheikh Mohamud pour la Somalie, Abdel Fattah al-Burhan pour le Soudan. Le Caire en fait une déclaration d'Al-Alamein publiée comme document officiel brut par Youm7, sans un paragraphe de contexte — le lecteur égyptien reçoit le texte seul, là où Masrawy convoque un professeur de droit international, Mohamed Mehran, pour le requalifier en annonce d'alliance régionale adossée à des accords de défense déjà en vigueur.
Le même sommet, lu depuis Mogadiscio, met d'abord en avant une phrase : le rejet de toute reconnaissance du Somaliland, ce territoire qu'Addis-Abeba courtisait pour un accès à la mer. Les rédactions somaliennes reprennent une dépêche unique — communiqué numéroté pour Horseed et Caasimada, récit continu pour Shabelle — et c'est dans ce récit que le texte officiel perd un mot : Shabelle présente la mer Rouge comme une « responsabilité partagée » des riverains quand la déclaration dit « exclusive ». Le mot tombe, le sujet ne change pas : ce sont toujours les États riverains qui se la partagent.
L'Éthiopie ne répond pas sur le terrain diplomatique mais sur celui de la carte. Le ministère des Affaires étrangères aligne trois faits : l'Abay, son nom du Nil Bleu, fournit environ 85 pour cent du débit total du Nil, il naît sur les hauts plateaux éthiopiens, et la frontière éthiopienne la plus proche de la mer Rouge se situe à peine à 30 miles (48 km) de la côte. Rhétorique politique, mesures coercitives et agression par procuration, écrit-il, ne modifieront pas ces réalités — la géographie comme dernier mot.
Deux rédactions européennes ont vu la même ville autrement. RFI installe son récit à Mekele, capitale du Tigré prise par l'armée fédérale, où le Front de libération du peuple du Tigré annonce sur Facebook son repli et un gouvernement régional temporairement déplacé, TV5 Monde ouvre sur l'appel américain à la retenue ; la réunion égyptienne n'y entre que comme conséquence régionale possible, un « mini-sommet » cité par une source diplomatique. Le témoin Filmon Equar Hailu y décrit des civils pillant des bureaux officiels, et TV5 Monde rappelle que l'accord de fin 2022 a laissé des dispositions-clés inappliquées.
Djibouti envoie un ministre au même endroit le même jour et rapporte une autre journée : le compte rendu de La Nation ne mentionne ni le Nil ni la mer Rouge, seulement l'eau, l'agriculture, l'assainissement et l'Agenda 2063 de l'Union africaine, au titre de la présidence de l'Autorité intergouvernementale pour le développement. Le sommet quadripartite n'y existe pas. The New Arab, lui, écrit qu'il n'existe pas d'alliance formelle contre l'Éthiopie, mais quatre litiges séparés — le Nil, la mer Rouge, l'accord avec le Somaliland, al-Fashaga et les Forces de soutien rapides — qui convergent. Arab News date la rupture au 1er octobre et cite deux anciens ministres adjoints égyptiens pour dire que le sommet ne vise aucun tiers.



