Synthèse Correspondant
Lundi 5 octobre, 400 à 500 lycées restent totalement ou partiellement fermés, 24 établissements ont été incendiés ou saccagés et 78 personnels de l'éducation ont été blessés — « on n'a jamais vu ça », dit le ministre de l'Éducation Édouard Geffray.
Plus de 5 000 interpellations en une semaine selon le ministère de l'Intérieur, dont environ 85 % de mineurs selon l'AFP. La BBC News ajoute un jalon distinct : 1 747 arrestations le vendredi, un chiffre attribué à Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur.
Les rares rédactions à poser le cadre budgétaire du conflit sont étrangères. The Independent chiffre le budget de l'école en 2027 à 65,5 milliards d'euros, contre 63,4 pour la défense. taz rappelle les 3 400 milliards de dette, l'objectif de ramener le déficit à 5 % du PIB en 2027 et les quelque 50 milliards d'économies à trouver, dont l'éducation, le social et la santé font les frais. Aucune des six rédactions françaises du dossier n'avance ces montants.
Les blessés chez les forces de l'ordre ne s'additionnent pas : Agathe Foucault, porte-parole de la police nationale, en compte plus de 600 selon The Independent, quand Al Jazeera évoque des dizaines de blessés en mêlant policiers, gendarmes, élèves et personnel.
Ryad Rani, 19 ans, président de l'Union syndicale lycéenne, né à Roubaix d'un père ouvrier franco-algérien et d'une mère française, rejette les accusations de manipulation politique — il a figuré sur une liste soutenue par La France insoumise (LFI) à Wattrelos, dans le Nord — et décrit des insultes racistes et des menaces de mort reçues cette semaine.
L'acte III est annoncé pour mardi. La CGT s'y joint : sa secrétaire générale Sophie Binet annonce des militants en chasubles rouges pour protéger le droit de manifester des jeunes, et qualifie la réponse policière de « répression inédite ».
La suite se joue hors de la rue. Borba, au Monténégro, est la seule des quinze à suivre la procédure ouverte au Parlement européen : Charlie Weimers, vice-président du groupe Conservateurs et réformistes européens (ECR), collecte des signatures pour examiner si l'Alliance de la gauche européenne, dont LFI est membre, respecte les valeurs fondamentales de l'Union — 180 requises avant le 16 octobre, vote possible le 19. Al Jazeera, elle, cite le procureur de Nanterre : environ 90 % des mineurs déférés étaient inconnus de la justice.



