Synthèse Correspondant
Quarante-deux pour cent de participation, en baisse de huit à dix points sur 2022 selon les rédactions, et plus de 90 % des bureaux dépouillés : le dixième scrutin général de Bosnie-Herzégovine laisse le SNSD (Alliance des sociaux-démocrates indépendants) de Milorad Dodik en tête de la Republika Srpska, Željka Cvijanović, sa candidate, en tête du siège serbe de la présidence tripartite avec plus de 55 %, et Savo Minić, premier ministre sortant de l'entité, donné vainqueur de sa présidence. Milorad Dodik, condamné et privé de mandat en 2025 pour avoir défié l'autorité du haut représentant international, n'était sur aucun bulletin, et revendique pourtant une victoire « à tous les niveaux », remerciant Donald Trump et Vladimir Poutine.
Les faits ne se discutent pas ; leur qualification, si. TASS et РТС annoncent une victoire nette ; Ukrainska Pravda déplace la lecture vers l'alignement géopolitique, opposant le SNSD dans l'entité serbe à trois partis pro-ukrainiens dans la Fédération ; la dépêche reprise par le Los Angeles Times, elle, retient le mot « nationaliste » et rappelle qu'un hommage public à Ratko Mladic, condamné pour génocide, a rouvert les plaies de la guerre de 1992-95. Nulle part, en revanche, le résultat n'est contesté par les perdants.
Klix.ba détaille le sort de la Coalition pour l'État (Koalicija za državu) : 2,76 % des voix, sous le seuil légal de 3 % qui la priverait de sièges dans l'entité (Ukrainska Pravda, citant le même portail, la crédite encore de deux sièges) — et rappelle qu'il reste 13 % des bulletins à compter, diaspora comprise. Ce portail laisse une porte ouverte.
blic.rs rapporte que « une partie du public » prête à Dodik l'ambition du poste de premier ministre de l'entité, dans l'espoir d'une grâce rendue possible par les deux mains de la présidence tripartite, et qu'un journaliste, Vladimir Kovačević, n'exclut pas que le mandat revienne à son fils Igor Dodik. Aucune autre rédaction n'évoque la grâce ni un mandat pour le fils.
À l'inverse, Nezavisne novine ramène le tout à une mécanique institutionnelle : le SNSD obtiendrait trois des cinq délégués du Club serbe de la Chambre des peuples, et, ayant déjà la majorité avec ses partenaires au niveau de l'État, aucun gouvernement central ne peut se former sans lui — les calculs de ceux qui espéraient l'écarter « tombent ». Le scrutin change les visages, pas le verrou.



