Synthèse Correspondant
Trois versions du même bras de mer. Pour le général Hossein Mohebbi, porte-parole des Gardiens de la révolution, seuls franchissent Ormuz les pétroliers des partenaires commerciaux de l'Iran, avec l'autorisation de Téhéran. Pour Donald Trump, cité par la BBC, Washington en détient le « contrôle total ». Pour Iran International, qui s'appuie sur les chiffres de l'amiral Brad Cooper, commandant du CENTCOM, les forces américaines ont escorté plus de 2 000 navires commerciaux et un milliard de barils : le détroit reste perturbé, il n'est plus un veto.
Deux faits reviennent d'un récit à l'autre : la saisie, revendiquée par les Gardiens, d'un drone sous-marin américain de type Remus 600, et une proposition iranienne rejetée publiquement par Donald Trump. Ce qui se dispute, c'est ce que chaque rédaction érige en événement. Pour le Jerusalem Post et Arab News, c'est la prise. Pour le site iranien Iscanews, une victoire déjà acquise, convertie en dissuasion. Pour la BBC, CNN et Sky News Arabia, une négociation qui survit malgré tout : Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, dit attendre une réponse « définitive » des États-Unis, que doivent lui transmettre les médiateurs, un responsable de la Maison-Blanche évoque des discussions « positives et constructives ». Le contenu du plan, lui, est détaillé par France Info, qui cite le New York Times : sept jours, au moins 12 milliards de dollars d'avoirs gelés, levée des sanctions pétrolières, fin du blocus naval.
RTÉ News et La Hora parlent du détroit hors de la confrontation entre Washington et Téhéran. RTÉ News le traduit en facture : diesel irlandais passé d'environ 1,70 à 2,15 euros le litre, fioul de chauffage de 970 à 1 616 euros les 1 000 litres. La Hora, au Guatemala, le traduit en itinéraire : environ 1 000 camions-citernes par jour entre l'Irak et Baniyas, sur la côte syrienne, et 2,1 millions de tonnes de combustible irakien acheminées par cette voie depuis avril. L'une compte ce que coûte un détroit fermé, l'autre où roule le pétrole qui ne le traverse plus.
Un écart de procédure éclaire la journée mieux que les menaces : Araghchi affirme qu'aucun refus américain officiel ne lui a été transmis par les médiateurs — le rejet de Trump n'existe pour l'instant qu'en déclarations publiques. Et les trois articles centrés sur la saisie du Remus 600 (Jerusalem Post, Arab News, Le Figaro) ne mentionnent ni la proposition iranienne, ni les médiateurs, ni ce refus.



