Synthèse Correspondant
Trois aéroports passés aux mains des forces tigréennes en une nuit, des combats signalés dans l'Afar et l'Amhara, Ethiopian Airlines qui suspend Mekele, Axum et Shire : l'accord de Pretoria, censé avoir clos la guerre de 2020-2022, n'encadre plus rien. Getachew Reda, conseiller d'Abiy Ahmed, dénonce une offensive « tous azimuts » du TPLF ; les autorités tigréennes répondent « guerre défensive » après des frappes de drones. Le médiateur de l'Union africaine, Olusegun Obasanjo, est chargé de démarches urgentes, et l'ambassadeur américain Ervin Massinga menace de sanctions des dirigeants rebelles.
La quasi-totalité des rédactions pose les faits en miroir — deux camps, deux versions, un arbitrage renvoyé à plus tard. Deux textes élargissent nettement le cadre. Reuters, via The Straits Times, traite le dossier par la grille de la mer Rouge : l'Érythrée, qui a combattu en 2020-2022 sans être partie à Pretoria, reste le point de fixation, et la levée récente des sanctions américaines contre ses forces de défense est lue comme un signal de Washington vers le littoral. AllAfrica déplie l'écho régional : base chinoise à Djibouti, présence israélienne au Somaliland, livraisons éthiopiennes présumées aux Forces de soutien rapide soudanaises.
Un détail n'apparaît que dans la dépêche de la BBC : une frappe de drone distincte sur un convoi de véhicules catholiques transportant de l'aide alimentaire, condamnée par le Bureau des affaires africaines du Département d'État américain, qui réclame une enquête. L'Union africaine, elle, est citée par la plupart des textes — mais aucun ne dit comment elle pourrait vérifier ce qui se passe sur le terrain.
La question qui traverse ces textes sans être posée frontalement : qui peut vérifier ? NOS Nieuws rappelle que la région a été exclue du scrutin de juin et que sa correspondante n'avait pas été autorisée à entrer au Tigré en 2022 ; Deutsche Welle écrit noir sur blanc que les rapports sur les aéroports n'ont pas été confirmés indépendamment.



