Synthèse Correspondant
Londres a suspendu ses versements à Maurice et remis sur la table un accord signé en mai 2025, après que Donald Trump a de nouveau qualifié le texte de « terrible » en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. Le mécanisme, lui, n'a pas bougé : souveraineté cédée à Maurice, bail de 99 ans sur Diego Garcia, 101 millions de livres par an en moyenne — et un projet de loi de ratification qui n'a pas franchi le Parlement. Sur les faits, un seul récit : la BBC, The Guardian, Digi24 et Ua tiennent le même compte rendu, avec des chiffres qui glissent selon la source — 165 millions sur trois ans puis 120 par an, ou 101 de moyenne. Quand tout le monde s'accorde sur le déroulé et se dispute sur l'addition, c'est que la bataille est ailleurs.
Deux silences méritent qu'on s'y arrête. Les Chagossiens, d'abord : déplacés pendant l'aménagement de la base, et seuls Ua, Business Insider et Digi24 les mentionnent — le premier pour évoquer des réclamations portées devant les tribunaux britanniques, le deuxième sans date ni chiffre, le troisième en comptant environ 2 000 habitants expulsés entre 1968 et 1973. Le Gibraltar Chronicle, lui, ne retient de l'archipel qu'une expression présidentielle : « un très important morceau d'immobilier, militairement et stratégiquement ». Un territoire habité, réduit à sa valeur locative.
Le plus révélateur n'est pourtant pas là. TRT Haber écrit que Keir Starmer, alors Premier ministre, voyait dans la critique de Trump une riposte au soutien britannique au Danemark dans le dossier du Groenland ; Digi24 rapporte une lecture voisine de Starmer et cite Trump lui-même, qui rangeait l'abandon des Chagos parmi les raisons d'acquérir le Groenland. Mis bout à bout, ces récits font du sort des Chagos moins une affaire d'océan Indien qu'un marchandage entre alliés. Aucune rédaction ne discute l'essentiel — que le Royaume-Uni révise un accord de souveraineté parce qu'un président américain l'a jugé mauvais.
Reste l'échelonnement, que The Business Standard et The Guardian détaillent : 165 millions de livres sur trois ans, puis 120 millions par an — et, précise Streeting, rien ne sera versé « à ce stade ».



