Synthèse Correspondant
De jeunes hommes quittent le Tigré par crainte d'un enrôlement forcé et les rayons des magasins se vident sous l'effet des achats de panique : deux mouvements opposés d'une même population qui, au lendemain de l'annonce d'une « guerre totale » par les autorités régionales, ne sait plus si elle fuit ou si elle attend le siège.
Le point de départ est connu depuis le 23 septembre : le TPLF a pris les aéroports de Mekele, Aksoum et Shire, Ethiopian Airlines a suspendu ses vols, les combats ont débordé en Afar et en Amhara. Depuis, des affrontements sont signalés près de Lalibela et autour de Weldiya, et l'armée fédérale revendique, selon les sources, 272 rebelles tués ou plus de 500 combattants tués, blessés ou capturés, chiffres invérifiables. L'Union africaine et l'Union européenne appellent à la désescalade ; le processus de Pretoria de 2022 est menacé.
Sur la coupure d'internet, The Straits Times rapporte, d'après quatre sources dont une diplomatique citées par Reuters, que le TPLF l'a ordonnée ; le TPLF n'a pas répondu, et une source proche du groupe dément et renvoie la faute au gouvernement. L'attribution reste donc une hypothèse de sources anonymes, pas un fait établi. The Eastleigh Voice, de son côté, écrit noir sur blanc que la cause de la perturbation n'était pas immédiatement claire. The Straits Times ajoute qu'une note de risque consultée par Reuters indiquait plus tôt ce mois-ci que le TPLF avait retiré des transformateurs d'Ethio telecom dans plusieurs villes. Si l'attribution tient, l'inversion est remarquable — le pouvoir régional, non l'État, coupe le réseau.
La coalition du 20 septembre (TPLF, Fano, Armée de libération oromo et autres) sert de toile de fond. Aden Al-Ghad, lui, tempère : aucune indication fiable d'une menace directe sur Addis-Abeba, écrit-il. Houston Public Media pose la question centrale via Alan Boswell : riposte mesurée ou guerre totale ? Et Deutsche Welle relie le conflit aux guerres du Soudan, de la mer Rouge et de la Somalie, en rappelant qu'aucune preuve n'existe d'une alliance militaire unique.
Ce que la population elle-même en dit, Al Jazeera le capte : Human Rights Watch documente des enrôlements forcés, enfants de 15 ans compris, depuis avril. Un ancien combattant dit ne plus vouloir retourner au front, tandis que les parents d'un jeune homme ont payé pour le faire libérer. Le TPLF dément, parle d'engagements volontaires.
Le Guardian pose dès son deuxième paragraphe le bilan de la guerre précédente — environ 600 000 morts — avant même les accusations croisées. Poser ce chiffre si tôt transforme tout le reste en risque de répétition.
Deux éléments à noter : le Jerusalem Post réduit le conflit à une consigne de sécurité pour ses ressortissants ; Vísir fait tenir ensemble trois voisinages — Soudan, Érythrée, Somalie — en fin d'article.



