Mesure l'écart entre les couvertures d'un même sujet, sur quatre axes de 25 points : cadrage narratif, sélection des faits, vocabulaire, implications. Plus le score est élevé, plus les récits s'éloignent les uns des autres.
Manifestations « No Kings » massives contre Trump aux États-Unis
Des millions d'Américains descendent dans les rues lors de rassemblements « No Kings » pour protester contre Trump, son interventionnisme militaire et ses politiques. Les manifestations s'étendent mondialement.
✦ Résumés et analyses générés par IA · méthode : non tracée (avant août 2026) · sources originales liées sur chaque carte · méthodologie
Huit millions de personnes dans les rues et personne, dans ce corpus entier, ne s'est demandé comment elles avaient été comptées. Ce chiffre — 8 millions, parfois 9 — circule d'une rédaction à l'autre comme une évidence, répété avec la solennité d'un fait établi, alors qu'il vient exclusivement des organisateurs du mouvement. Folha de S.Paulo a timidement écrit "des centaines de milliers". Personne n'a relevé la contradiction. Ce consensus autour d'un nombre invérifiable est en soi un acte éditorial — et il révèle que toutes ces sources, dispersées sur quatre continents, avaient décidé avant d'ouvrir leurs carnets que ce mouvement méritait d'être grand. Ce qui frappe dans cette géographie éditoriale apparemment diverse, c'est son uniformité profonde : douze pays, un seul cadrage. La Maison-Blanche existe dans un seul article, enfouie en fin de texte. Les partisans de Trump sont absents de tous. Les républicains dissidents sont signalés par Folha dans une demi-phrase que personne d'autre ne reprend. Ce n'est pas de la désinformation — c'est une sélection. Et les sélections convergentes valent parfois mieux à analyser que les désaccords. Ce que le corpus permet de cartographier, c'est moins l'événement que le degré d'urgence avec lequel chaque pays le lit.
NBC News ancre son récit dans un lieu précis — Saint-Paul, Minnesota — où deux Américains ont été tués lors d'une opération d'immigration en janvier. Ce n'est pas un détail géographique : c'est un choix éditorial qui transforme une manifestation nationale abstraite en deuil localisé, en colère incarnée. NBC couvre habituellement les perturbations maritimes et commerciales, ce qui rend ce choix d'angle d'autant plus révélateur — quand une chaîne spécialisée dans la logistique du monde se tourne vers la rue, c'est que la rue est devenue le principal fait économique du moment. Le triptyque des griefs — guerre en Iran, prix du gaz, déportations — est présenté dans cet ordre, et l'ordre compte : la guerre arrive en premier, l'économie en deuxième, comme si la colère contre l'interventionnisme précédait et conditionnait la colère contre l'inflation. NBC prend soin de mentionner que "la majorité des événements signalent des rassemblements pacifiques sans arrestations", formulation qui protège le récit contre toute récupération sécuritaire. La précision sur les "3 200 marches dans les 50 États" fait le travail d'un comptable plutôt que d'un journaliste — elle légitime par le nombre sans jamais questionner le nombre. Ce que NBC ne fait pas, c'est contextualiser : combien de personnes lors de la Women's March de 2017, lors des marches contre la guerre en Irak en 2003 ? Sans cet étalon, le "plus grand jour d'action non-violente de l'histoire américaine" reste une affirmation des organisateurs, répétée sans vérification.
Titre original (traduit)
“Des manifestations « Pas de rois » organisées dans tout le pays, avec un rassemblement phare au Minnesota”
Résumé de l'article
Des millions d'Américains participent à des manifestations « No Kings » dans plus de 3 200 marches organisées dans les 50 États et plusieurs continents, le rassemblement principal ayant lieu à Saint-Paul, Minnesota, où deux Américains ont été tués lors d'une opération d'application des lois sur l'immigration en janvier. Les manifestants protestent contre la gestion par l'administration Trump de la guerre avec l'Iran, la hausse des prix du gaz et l'agenda de déportation de masse. Les organisateurs prédisent que ce sera le « plus grand jour d'action non-violente » de l'histoire américaine, avec la majorité des événements dans les grandes villes signalant des rassemblements pacifiques de dizaines de milliers de personnes sans arrestations, bien que certaines manifestations aient été agitées.
Trois phrases. C'est tout ce que DR consacre à l'événement — et dans ce dépouillement, il y a une information éditoriale en soi. Le média danois pose les faits nus : manifestations massives, opposition à Trump, dimension mondiale. Aucune figure citée, aucun lieu nommé, aucun chiffre contesté. Pour un pays dont le Groenland est devenu un sujet de tension directe avec Washington — Trump ayant explicitement évoqué une acquisition du territoire — cette retenue est presque vertigineuse. Le Danemark est l'un des rares États occidentaux à avoir un grief territorial concret contre l'administration Trump, et pourtant DR traite les "No Kings" comme une dépêche de routine, sans y projeter la moindre résonance locale. Ce silence-là n'est pas de la neutralité : c'est de la discipline. La presse danoise sait qu'en ce moment, commenter trop vivement une contestation américaine reviendrait à s'immiscer dans les affaires intérieures d'un pays avec lequel elle négocie, en coulisses, son propre territoire. Parfois, la source la plus courte est aussi la plus parlante — et ce que DR choisit de ne pas dire sur Trump en dit plus long que ce qu'elle dit.
Titre original (traduit)
“Les manifestations contre Donald Trump sont en cours à plusieurs endroits aux États-Unis”
Résumé de l'article
Des manifestations massives intitulées « No Kings » se déroulent en plusieurs endroits aux États-Unis contre Donald Trump, son interventionnisme militaire et ses politiques. Le mouvement de protestation s'étend également à l'échelle mondiale. Les rassemblements reflètent une opposition croissante parmi des millions d'Américains aux orientations de Trump.
TVN24 ne rapporte pas les manifestations : il les met en scène. Le gouverneur Tim Walz qualifiant Trump d'"aspirant dictateur" et de "clown orange", Springsteen et Joan Baez sur scène, huit millions dans les rues — tout cela est factuellement peut-être exact, mais le choix de ces éléments-là, dans cet ordre-là, construit un récit de résistance héroïque plutôt qu'un compte-rendu. La tonalité alarmiste signalée dans l'ADN de ce média n'est pas une déviance : c'est une cohérence avec l'histoire polonaise récente. TVN24 a survécu à une guerre ouverte avec le gouvernement PiS, dont les méthodes — contrôle des médias publics, pression sur la justice, rhétorique souverainiste — ressemblent à ce que les manifestants américains dénoncent. Quand TVN24 amplifie le mot "dictateur", ce n'est pas du sensationnalisme naïf : c'est un média qui a vécu ce registre de l'intérieur et qui reconnaît les signaux. L'invocation de Joan Baez — symbol vivant de la résistance à la guerre du Vietnam — n'est pas un détail culturel anodin ; elle relie "No Kings" à une généalogie de la contestation américaine que les sources plus jeunes ou plus distantes n'activent pas. Ce que TVN24 perd en rigueur méthodologique, il le gagne en mémoire politique — et parfois, la mémoire voit plus loin que le fact-checking.
Titre original (traduit)
“L'« aspirant dictateur », le « clown orange ». Des millions de personnes sont descendues dans les rues”
Résumé de l'article
Selon TVN24, huit millions de manifestants américains ont participé aux rassemblements « No Kings » simultanément dans plus de trois mille localités, protestant contre la politique de Donald Trump. La manifestation principale s'est déroulée à Minneapolis, où le gouverneur Tim Walz a qualifié Trump d'« aspirant dictateur » et de « clown orange », tandis que Bruce Springsteen et Joan Baez ont participé. Les mobilisations se sont également déroulées à Houston, Chicago et New York, avec des critiques portant sur l'interventionnisme militaire et les opérations controversées des services.
Folha de S.Paulo fait quelque chose de discret mais significatif : là où toutes les autres sources parlent de "millions" ou de "huit millions", le journal brésilien écrit "des centaines de milliers". Un seul choix lexical, et toute la question de la fiabilité des chiffres remonte à la surface. Ce n'est pas anodin venant d'un journal qui couvre habituellement les crises énergétiques et la situation cubaine — autant de dossiers où les chiffres officiels et les chiffres réels divergent structurellement. Folha a développé, par culture éditoriale, un réflexe de méfiance face aux statistiques proclamées par les organisateurs d'événements politiques. Ce réflexe lui permet ici de poser une question que personne d'autre ne pose : qui a compté, et comment ? La mention des "républicains opposants" dans le cortège est également notable — Folha est la seule source de ce corpus à signaler explicitement que le mouvement dépasse le clivage partisan habituel, ce qui change profondément la lecture politique du phénomène. Un mouvement qui rassemble des républicains dissidents n'est pas une mobilisation de l'opposition standard : c'est potentiellement une fracture interne au camp au pouvoir. Ce détail-là méritait d'être en titre — Folha le glisse en milieu de texte, comme si lui aussi n'avait pas tout à fait mesuré ce qu'il venait d'écrire.
Titre original (traduit)
“Des centaines de milliers retournent dans les rues aux États-Unis dans des protestations contre Trump et la guerre en Iran; regardez la vidéo”
Résumé de l'article
Des centaines de milliers d'Américains manifestent samedi dans les rues à travers les 50 États lors de la troisième édition des protestations « No Kings », s'opposant aux politiques du président Trump, notamment sa gestion migratoire et son interventionnisme militaire en Iran. Plus de 3 200 événements sont programmés simultanément à travers le pays, regroupant républicains opposants, citoyens mécontents des mesures d'immigration et militants pacifistes. Ces mobilisations massives marquent une continuation de la protestation anti-Trump depuis son arrivée au pouvoir.
La BBC fait une chose que les autres sources esquivent soigneusement : elle donne la parole à la Maison-Blanche, qui qualifie les manifestations de "séances de thérapie du délire Trump" et affirme que seuls des journalistes rémunérés les couvrent. Cette réponse de l'exécutif est enfouie en fin d'article, presque comme une curiosité — mais c'est précisément là que réside l'information la plus dense. L'administration Trump ne conteste pas les chiffres, ne propose pas de contre-manifestation, ne répond pas aux griefs : elle nie la réalité même de l'événement. C'est une stratégie rhétorique bien documentée — la délégitimation par le ridicule — et la BBC est la seule source ici à l'exposer telle quelle, sans la commenter, ce qui est en soi une forme d'élégance journalistique. Mentionner que les manifestants "ont affiché des effigies de Trump et d'autres responsables administratifs" sans préciser lesquels, c'est aussi un choix : cela ouvre une fenêtre sur la dimension émotionnelle du mouvement sans l'exploiter. La BBC couvre habituellement les frappes au Moyen-Orient — et son passage à la rue américaine signale que la contestation domestique est désormais aussi centrale dans l'information internationale que les opérations militaires extérieures. Ce que la Maison-Blanche ne comprend pas, la BBC l'a compris : ignorer huit millions de personnes ne les fait pas disparaître, ça documente juste l'ignorance.
Titre original (traduit)
“Les manifestants "No Kings" aux États-Unis se mobilisent contre Donald Trump”
Résumé de l'article
Des millions d'Américains participent à des rassemblements « No Kings » dans les grandes villes du pays pour protester contre les politiques de Donald Trump, notamment la guerre en Iran, l'application de l'immigration fédérale et le coût de la vie croissant. Les manifestations, qui se sont déroulées samedi dans pratiquement toutes les grandes métropoles (New York, Washington DC, Los Angeles, Boston) et dans les petites villes, marquent la troisième itération de ces rassemblements mobilisant des millions de personnes. Les protestataires ont affiché des effigies de Trump et d'autres responsables administratifs, tandis que la Maison-Blanche a qualifié ces manifestations de « séances de thérapie du délire Trump », prétendant que seuls les journalistes rémunérés les couvrent.
France Info glisse une donnée que les autres sources négligent presque toutes : c'est la troisième édition du mouvement, et la participation a augmenté d'un million par rapport à octobre. Ce chiffre de croissance est plus révélateur que le total revendiqué — il dit que le mouvement ne s'essouffle pas, qu'il se construit, qu'il a une trajectoire. France Info couvre habituellement les frappes israéliennes et la situation au Moyen-Orient, et ce déplacement vers la rue américaine révèle quelque chose : les deux sujets sont désormais liés dans l'espace éditorial français, parce que les manifestants eux-mêmes les lient. La mention de "Palestine" dans le corpus Deutsche Welle, et de l'"Iran" dans presque toutes les sources, fait des "No Kings" un mouvement anti-interventionniste global, pas seulement anti-Trump. France Info identifie une menace constitutionnelle comme moteur central — "ce qu'ils considèrent comme une atteinte à la Constitution" — formulation prudente qui rappelle qu'une perception n'est pas un constat juridique, tout en prenant au sérieux que cette perception mobilise des millions de gens. La présence de Bruce Springsteen et Robert De Niro est mentionnée, mais sans l'emphase que d'autres sources y mettent : France Info traite les célébrités comme un contexte, pas comme une caution. Ce mouvement qui grossit d'une édition à l'autre ressemble moins à une protestation qu'à une institution qui se construit — et aucune source ne pose vraiment cette question-là.
Titre original
“"La situation n'est pas normale" : plusieurs millions de manifestants à travers les Etats-Unis pour protester contre Donald Trump”
Résumé de l'article
Le mouvement « No Kings » a organisé le 28 mars 2026 des manifestations massives aux États-Unis contre Donald Trump, mobilisant selon l'organisation au moins 8 millions de protestataires dans plus de 3 300 cortèges, notamment à Los Angeles, Minneapolis, Philadelphie et New York. Les manifestants, dont des célébrités comme Bruce Springsteen et Robert De Niro, ont dénoncé la politique anti-immigration du président, son intervention militaire en Iran et menacé ce qu'ils considèrent comme une atteinte à la Constitution. Cette troisième journée d'action nationale marque une augmentation d'un million de participants par rapport à octobre, établissant le mouvement comme le principal rassemblement contestataire depuis le retour du républicain au pouvoir.
La Tercera adopte ici un ton critique inhabituel pour un média chilien généralement factuel — et ce choix de sortir de sa réserve mérite attention. Ce qui retient l'œil, c'est la construction du récit autour de Robert De Niro : l'acteur devient le pivot narratif du papier, avec ses citations en exergue, ses formules — "brutes masquées du gouvernement tirant sur les citoyens" — rapportées sans distance. En faisant d'une célébrité hollywoodienne le porte-parole central de la contestation, La Tercera valide implicitement la thèse du "mouvement grassroots" tout en la contredisant : une foule portée par De Niro et des "figures politiques et médiatiques" n'a plus tout à fait la texture d'une insurrection populaire spontanée. Le regard chilien sur Washington n'est jamais neutre — l'Amérique latine a une longue mémoire des ingérences américaines et des gouvernements soutenus depuis l'extérieur, et l'ironie d'une contestation de l'autoritarisme américain portée par des stars de cinéma n'a probablement pas échappé à certains lecteurs de Santiago. Le journal ne le dit pas — il n'a pas besoin de le dire. En Amérique latine, le fait de voir des figures d'élite "se joindre au peuple" a une résonance particulière que les rédactions new-yorkaises ne perçoivent pas toujours. La liste des griefs de De Niro — guerres, corruption, santé, inflation — est exhaustive au point d'être presque rhétorique, un catalogue qui dit tout et donc peut-être rien. La Tercera est critique ce jour-là : critique envers Trump, oui, mais la mise en scène du papier laisse une légère ironie flotter sur la "révolution des célébrités".
Titre original (traduit)
“De Robert De Niro a Bruce Springsteen: las celebridades que se unieron a las protestas No Kings en EE.UU.”
Résumé de l'article
Des millions d'Américains ont participé samedi à des rassemblements « No Kings » dans les principales villes des États-Unis pour protester contre Donald Trump, la guerre contre l'Iran et le coût de la vie élevé. L'acteur Robert De Niro s'est joint aux manifestants à New York aux côtés de figures politiques et médiatiques, déclarant qu'« il est temps de dire non aux rois, non à Donald Trump ». De Niro a dénoncé les guerres inutiles, la corruption gouvernementale, l'accès aux soins de santé et l'inflation, avant de critiquer les « brutes masquées du gouvernement » tirant sur les citoyens dans les rues. Les manifestations, qui se sont étendues de Minneapolis à San Francisco et Seattle, ont combiné mobilisation politique et événements culturels majeurs.
ABC News Australia couvre habituellement le détroit d'Ormuz ou les frappes au Moyen-Orient — et sa présence sur les manifestations "No Kings" est, en soi, un signal éditorial. Le fait qu'un média australien dont la boussole pointe vers l'Indo-Pacifique consacre un article aux rues de Minneapolis et Los Angeles dit quelque chose sur la gravité perçue du moment : quand Canberra regarde vers Washington avec ce degré d'attention, c'est que l'équation de puissance intéresse directement la région. Ce qui est propre à cette source, c'est la mention explicite des villes européennes — Londres, Paris, Rome — au même titre que New York ou Minneapolis, ce que la plupart des autres sources relèguent en note de bas de page. Cette géographie transatlantique transforme discrètement la nature du mouvement : ce n'est plus seulement une affaire américaine interne, c'est une contestation de la politique étrangère américaine perçue depuis l'extérieur. L'expression "style autoritaire de gouvernance" mérite aussi qu'on s'y arrête — c'est un euphémisme précis, celui d'un diplomate qui choisit ses mots, pas d'un éditorialiste qui lâche les rênes. L'Australie vit avec une dépendance sécuritaire américaine structurelle depuis ANZUS en 1951, et ses médias ont appris à formuler leurs réserves envers Washington dans un registre mesuré. Le résultat, ici, est un article qui dit beaucoup en ne criant pas — et la discrétion elle-même est la prise de position.
Titre original (traduit)
“Les manifestations « No Kings » contre Trump attirent les foules aux États-Unis et en Europe”
Résumé de l'article
Des millions d'Américains participent à des rassemblements « No Kings » dans les 50 États et plusieurs villes européennes (Londres, Paris, Rome) pour protester contre le style autoritaire de gouvernance de Donald Trump, ses politiques d'immigration strictes et la guerre avec l'Iran. Cette troisième édition du mouvement, organisée sur plus de 3 200 événements, aspire à devenir la plus grande manifestation d'une journée de l'histoire américaine, avec des vedettes comme Bruce Springsteen et Joan Baez à la tête de rassemblements majeurs au Minnesota, New York, Los Angeles et Washington. Les manifestants dénoncent particulièrement les incursions des agents fédéraux de l'immigration dans les centres urbains dirigés par les démocrates.
Le Straits Times qualifie les "No Kings" de mouvement "grassroots décentralisé" — et c'est un choix lexical qui mérite qu'on s'y attarde une seconde. En mars dernier, ce même média analysait Trump comme un trader pragmatique jouant la menace militaire, avec ce cynisme stratégique asiatique caractéristique qui consiste à lire les rapports de force sans se laisser émouvoir par la rhétorique. Aujourd'hui, il reprend sans distance la terminologie des organisateurs du mouvement, ce qui constitue un vrai retournement de registre : le journal passe du décryptage au constat factuel, presque neutre. Or "grassroots décentralisé" et "8 millions de manifestants réunis autour de Robert De Niro et Bruce Springsteen" sont deux réalités difficiles à concilier — la présence de célébrités au sommet d'un mouvement "organique" mérite au moins un haussement de sourcil analytique que le Straits Times ne s'autorise pas ici. Ce recul interprétatif est lui-même révélateur : quand les médias asiatiques cessent d'analyser la politique américaine pour se contenter de la transcrire, c'est souvent qu'ils lisent une situation trop instable pour risquer une lecture engagée. La mention des vétérans "affirmant que la Constitution était menacée" est la seule note humaine un peu incarnée du texte — et son placement discret, presque en fin d'article, semble indiquer que Singapour s'intéresse davantage aux chiffres qu'aux visages. Quand l'Asie rapporte sans interpréter, c'est parfois parce qu'elle attend de voir comment la poussière retombe.
Titre original (traduit)
“8 millions de manifestants défilent à travers les États-Unis contre Trump lors de la journée « No Kings »”
Résumé de l'article
Selon les organisateurs, environ 8 millions de personnes ont manifesté le 28 mars 2025 dans plus de 3 300 événements à travers les 50 États américains lors de la journée « No Kings », troisième mobilisation majeure en moins d'un an contre le président Trump. Les manifestants dénoncent son style autoritaire de gouvernance, ses politiques d'immigration strictes et la guerre avec l'Iran, avec des rassemblements de grande ampleur à New York, Washington et partout aux États-Unis, du Minnesota à la Californie. Des personnalités comme l'acteur Robert De Niro ont participé, le qualifiant de menace existentielle, tandis que des vétérans et citoyens ordinaires affirmaient que la Constitution était menacée et que le consentement du peuple était nécessaire pour gouverner.
Deutsche Welle est la seule source du corpus à mentionner explicitement la Palestine aux côtés de l'Iran comme grief des manifestants — un détail, une phrase, mais qui change la cartographie entière du mouvement décrit. Toutes les autres sources cadrent les protestations autour de l'immigration, de la guerre en Iran et du coût de la vie ; DW y ajoute une dimension qui transforme la lecture des manifestations européennes, notamment allemandes. Or en Allemagne, la question de Gaza est politiquement explosive depuis octobre 2023 — des manifestations pro-palestiniennes y ont été interdites, des artistes censurés, et le débat public a été d'une violence rare pour un pays qui surveille habituellement sa propre tradition démocratique avec anxiété. Qu'un média financé par l'État allemand cite Palestine dans un article sur des manifestations anti-Trump en dit autant sur la tension interne à la société allemande que sur le mouvement américain lui-même. Le chiffre de "plus de 9 millions" que DW avance est aussi le plus élevé du corpus — une inflation de 1 million par rapport aux 8 millions des autres sources, sans que personne n'explique la méthodologie. Personne dans ce corpus ne pose la question du comptage, une absence collective qui devrait au moins faire sourciller. L'ajout de la Palestine par DW, silencieuse là où d'autres parlent, pourrait être le signe que la rédaction voit dans ces manifestations un miroir de ses propres débats internes autant qu'un événement américain.
Titre original (traduit)
“Les manifestations "No Kings" — Les critiques de Trump se rassemblent à travers les États-Unis”
Résumé de l'article
Plus de 9 millions d'Américains ont participé samedi à des rassemblements « No Kings » organisés par des groupes de la société civile dans plus de 3 000 lieux, protestants contre ce qu'ils perçoivent comme un recul démocratique et des tendances autoritaires de l'administration Trump. Les manifestants, brandissant des pancartes « Trump Must Go Now! » et « Fight Fascism », ont dénoncé les menaces envers la Constitution, les politiques guerrières et anti-démocratiques du président. Le mouvement s'est étendu mondialement, avec des rassemblements coordonnés en Allemagne, Italie et Royaume-Uni, où les protestataires ont exprimé des préoccupations concernant la montée de l'autoritarisme, les réformes judiciaires et les actions militaires récentes en Iran et Palestine.
Ukrainska Pravda couvre habituellement les bombardements russes sur Kharkiv ou les discussions de cessez-le-feu — pas les cortèges à Minneapolis. Sa présence ici tient en une donnée que ce média est le seul à placer en clôture d'article : la cote d'approbation de Trump à 36 %, son niveau le plus bas depuis son retour à la Maison-Blanche. Ce chiffre n'est pas anecdotique pour Kiev. L'Ukraine vit depuis plus de quatre ans sous perfusion de soutien américain — militaire, financier, diplomatique — et la santé politique de Trump est pour elle une variable stratégique aussi concrète que la météo sur le front. Un Trump fragilisé dans les sondages est un Trump dont la capacité à imposer des concessions à Kiev dans d'éventuelles négociations diminue — ou au contraire un Trump qui cherche à restaurer sa cote en jouant un rôle de "pacificateur", ce qui peut être pire. La Pravda ne fait pas ce calcul explicitement, mais le placement du sondage Reuters/Ipsos comme conclusion naturelle de l'article suggère que c'est la donnée qui intéresse vraiment la rédaction. Le mouvement "grassroots décentralisé" est le décor ; la courbe d'approbation est le fond. Pour un journal dont les lecteurs vivent sous les drones, la philosophie constitutionnelle des manifestants américains est secondaire — ce qui compte, c'est de savoir si Washington sera encore là demain.
Titre original (traduit)
“Troisième vague de manifestations No Kings : des rassemblements contre Trump organisés dans des milliers de villes américaines”
Résumé de l'article
La troisième vague de manifestations « No Kings » contre les politiques de Donald Trump mobilise plus de 3 200 événements dans les 50 États américains et à l'étranger, avec l'objectif de devenir le plus grand rassemblement de protestation d'une seule journée de l'histoire américaine. Les manifestants, soutenus par des figures comme Bruce Springsteen et Robert De Niro, dénoncent les atteintes aux libertés constitutionnelles et l'interventionnisme du président, en particulier ses mesures strictes contre l'immigration illégale. Ces protestations interviennent alors que l'approbation de Trump chute à 36 %, son niveau le plus bas depuis son retour à la Maison-Blanche selon un sondage Reuters/Ipsos.