Synthèse Correspondant
Salva Kiir a dissous le 22 septembre le gouvernement de transition du Soudan du Sud, nommé une administration intérimaire, relevé ses cinq vice-présidents et promulgué la veille une loi électorale qui le maintient au pouvoir jusqu'au scrutin du 22 décembre. Rien, dans ces décrets, ne dit ce que le pays fait depuis son indépendance en 2011 : reporter. Période de transition de 36 mois après huit mois de pré-transition en 2020, prolongée de 24 mois en septembre 2024 jusqu'à février 2027, scrutin replanifié à décembre 2026 — le mandat expirant le jour même de la dissolution, selon Bernama, d'où la formule du « vide constitutionnel » évité. Le clivage n'est pas géographique, il est juridique. Radio Tamazuj fait signer un avocat : article 1.9.4 de l'accord revitalisé pour l'initiative au sein de la présidence, article 8.4 pour les deux tiers du Conseil des ministres et le consentement des deux tiers des membres votants du RJMEC, article 199 de la Constitution pour le seuil parlementaire. Amendement pris hors procédure, donc inconstitutionnel ; l'assentiment présidentiel ne crée pas une autorité que la Constitution refuse. Bernama écrit la même journée comme une « étape majeure », et internazionale.it comme une étape technique des préparatifs. Chez Bernama, le mot « coup » ne vise que 2013, jamais cette semaine ; chez Radio Tamazuj, il est dans le titre. Ce que le découpage révèle, c'est où chaque capitale peut se permettre d'atterrir. Le Temps et Al Jazeera posent la même scène — Juba quadrillée, routes fermées autour du complexe gouvernemental, forces en alerte trois jours. Beninwebtv nomme les contradicteurs — Alliance de l'opposition, Union européenne — et rapporte cette phrase de Kiir : l'accord de 2018 reste en vigueur, énoncée après dissolution du gouvernement qui en était issu. Al Jazeera rappelle que Riek Machar est assigné à résidence. Un chiffre circule dans un seul texte, celui d'internazionale.it : l'Assemblée nationale passe de 650 à 270 membres, les assemblées d'État de 100 à 58. Réduire un parlement de 380 sièges ne touche pas le droit de vote ; qui entrera dans les 270 restants n'est traité nulle part. Enfin, l'enregistrement des électeurs n'avait pas commencé au moment des décrets, et le chef de la commission électorale avait été remplacé la semaine précédente sans explication, selon internazionale.it. Beninwebtv ajoute une date que personne d'autre ne donne : les parties se retrouvent le 24 septembre.



