Mesure l'écart entre les couvertures d'un même sujet, sur quatre axes de 25 points : cadrage narratif, sélection des faits, vocabulaire, implications. Plus le score est élevé, plus les récits s'éloignent les uns des autres.
La Belgique connaît son plus grand incendie jamais enregistré, et les flammes vont vers l'Allemagne
3 000 hectares brûlent dans la réserve des Hautes Fagnes depuis le 14 août, et les flammes se dirigent vers la frontière allemande. À la même heure, l'Espagne compte 41 000 hectares calcinés et la France environ 1 700 dans les Landes.
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Malgré la diversité géographique impressionnante des 11 sources (Europe, Asie, Afrique, Moyen-Orient), toutes convergent vers un même récit factuel et causal — catastrophe climatique historique nécessitant une solidarité transfrontalière — ne différant que par les détails locaux mis en avant (Landes pour la France, munitions de guerre pour l'Égypte, bilan humain pour le Guardian).
Trois mille hectares en Belgique, quarante et un mille en Espagne, des munitions de la Seconde Guerre mondiale qui ressurgissent sous la cendre allemande — et pourtant, ce qui frappe le plus dans ces onze textes, c'est qu'aucun ne pose vraiment la question de savoir qui décide, à l'échelle continentale, quand six pays brûlent en même temps. Chacun raconte midi à sa porte : le Guardian compte les morts, la Belgique compte les nations venues aider, l'Égypte déterre un fragment de guerre oublié, la Suisse cite un pompier qui avoue que rien n'est sous contrôle. Le mécanisme européen de protection civile apparaît bien, nommé avec précision par Politico et Europesays — hélicoptères tchèques, avions suédois, renforts norvégiens — mais il est décrit comme un fait acquis, presque météorologique lui aussi, jamais interrogé sur sa suffisance face à la simultanéité des désastres. Personne ne demande pourquoi une réserve naturelle comme les Hautes Fagnes, déjà ravagée en 1911, n'a pas de dispositif anticipé pour un scénario qui s'est donc déjà produit une fois. La solidarité transfrontalière est montrée comme la preuve que l'Europe fonctionne, jamais comme l'aveu qu'elle n'a rien préparé. Ce silence collectif est peut-être le fait le plus significatif de cette couverture : quand la nature ignore les frontières, la presse, elle, continue de raconter des pays qui brûlent côte à côte plutôt qu'un continent qui n'a pas de plan commun. Le feu a beau ne pas avoir de passeport, chaque rédaction, elle, écrit encore depuis son propre fuseau national — et c'est peut-être là que se niche l'angle mort que même onze regards différents n'ont pas réussi à éclairer ensemble.
300 mètres. C'est la distance que Deutsche Welle choisit de mettre en avant, comme si le feu s'était presque arrêté au bord d'un trottoir. Le média allemand raconte une menace qui a existé, certes, mais surtout une catastrophe évitée : arrosage préventif des prairies, conditions météo qui tournent au bon moment, 30 résidents évacués « par précaution » — le vocabulaire est celui du principe de précaution, pas de l'urgence vécue. Et puis il y a ce virage, presque incongru dans son sang-froid : la deuxième moitié de l'article part sur les niveaux d'eau bas des fleuves allemands et les pénuries de matériaux de construction qui menacent le secteur du bâtiment. On passe des flammes aux chantiers en une phrase, sans transition émotionnelle. C'est un choix révélateur : pendant que d'autres sources décrivent une Europe embrasée, l'Allemagne semble déjà en train de calculer l'addition économique de la sécheresse. Le feu, chez DW, est une alerte gérée ; l'eau qui manque, une inquiétude qui dure. Deux temporalités, un seul article.
Titre original (traduit)
“Actualités allemandes : l'incendie belge reste maîtrisé pour l'instant
Un incendie qui s'est déclaré en Belgique n'a pas franchi la frontière allemande pour le moment, selon les autorités locales. Les pompiers des deux pays coordonnent leurs efforts pour contenir le foyer avant qu'il ne s'étende davantage. La situation reste sous surveillance étroite, notamment en raison des conditions météorologiques changeantes qui pourraient aggraver la propagation des flammes.”
Résumé de l'article
Un incendie massif dans la réserve naturelle des Hautes Fagnes en Belgique a approché à 300 mètres la frontière allemande avant de stopper son avancée lundi matin grâce à des conditions météorologiques plus favorables et à l'arrosage préventif des prairies. Environ 30 résidents de 17 maisons à Monschau, en Allemagne, ont été évacués par précaution durant la nuit. Parallèlement, les bas niveaux d'eau sur les fleuves allemands menacent l'approvisionnement en matériaux de construction, le secteur du bâtiment avertissant que le transport fluvial devient difficile et que des pénuries, des surcoûts logistiques et des retards de chantier s'accroissent.
20minutes fait ce que peu d'autres osent : additionner. Belgique, France, Espagne — 2700, 1600, plus de 41 000 hectares — le chiffre total donne le vertige, et c'est précisément l'effet recherché. L'article ne s'attarde pas sur un pays en particulier mais construit un tableau continental où chaque foyer devient une statistique dans une somme plus large. La cause, elle, tient en un mot répété : canicule. Pas de mécanisme européen, pas de solidarité institutionnelle mentionnée ici — juste des pompiers, des moyens aériens, et une météo qui, pour une fois, offre un « léger espoir » avec des averses annoncées. Ce cadrage a quelque chose de très météorologique dans son fatalisme : le ciel a créé le problème, le ciel apportera peut-être la solution. C'est un récit qui évite soigneusement la question de la coordination transfrontalière — étonnant, venant d'un pays directement concerné par les feux belges qui menacent sa propre frontière du nord. La géographie du désastre est là ; la géopolitique de la réponse, beaucoup moins.
Titre original
“Incendies : France, Espagne, Belgique… Le point sur les feux qui ravagent l’Europe”
Résumé de l'article
L'Europe fait face à une vague historique d'incendies de forêt durant l'été, avec la Belgique (2.700 hectares calcinés, situation critique aux Fagnes), la France (1.600 hectares dans les Landes, 100 hectares aux Ardennes, feu non stabilisé) et l'Espagne (plus de 41.000 hectares brûlés en Aragon et Andalousie) gravement affectées. Les canicules successives et la sécheresse extrême des sols et végétation amplifient la fréquence et l'intensité des foyers, rendant les opérations de lutte difficiles malgré le déploiement massif de moyens aériens et de centaines de pompiers. Les autorités voient un léger espoir dans quelques baisses de température et averses annoncées, tandis que plusieurs feux restent non maîtrisés et menacent d'étendre leur progression.
Politico raconte une bureaucratie qui fonctionne, et c'est en soi une info. L'article prend soin de nommer précisément le mécanisme activé — celui de la protection civile de l'UE — et d'énumérer les pays qui répondent présent : République tchèque, Suède, Allemagne, Norvège. C'est le seul texte du lot à traiter la solidarité européenne comme un mécanisme institutionnel identifiable plutôt que comme un geste de bon voisinage flou. La référence à 1911 ajoute une profondeur historique rare — comparer l'incendie d'aujourd'hui à celui d'il y a plus d'un siècle, c'est situer l'événement dans une mémoire longue plutôt que dans le seul cycle de l'actualité. Mais ce luxe de précision institutionnelle a un coût : l'article ne dit presque rien des habitants, des évacués, du quotidien suspendu à 300 mètres d'une frontière. Le regard est celui de quelqu'un qui observe Bruxelles fonctionner, pas celui de quelqu'un qui regarde une maison brûler. Une crise climatique racontée depuis la salle des machines plutôt que depuis le jardin en feu.
Titre original (traduit)
“La Belgique confrontée à son plus grand incendie de forêt jamais enregistré, fait appel au soutien aérien européen – POLITICO”
Résumé de l'article
La Belgique fait face à son plus grand incendie de forêt de l'histoire moderne, qui ravage 3 000 hectares dans la réserve naturelle des Hautes Fagnes depuis vendredi. Plus de 250 pompiers et secouristes travaillent sans relâche, appuyés par des hélicoptères belges et néerlandais, tandis que la Belgique a activé le mécanisme de protection civile de l'UE pour obtenir des renforts aériens de République tchèque, Suède, Allemagne et Norvège. Cet incendie ravage des tourbières et forêts de pins fragiles, dans une région frappée par un événement similaire en 1911, et s'inscrit dans une vague d'incendies ravageurs qui balaient l'Europe cet été, forçant des milliers d'évacuations en Croatie, France, Allemagne, Grèce et Espagne.
« A déjà doublé le record précédent de 2011 » — la phrase du Daily Maverick a la sécheresse d'un constat scientifique, et c'est bien l'angle choisi : cet incendie n'est pas un accident, c'est une courbe qui continue de monter. L'article relie explicitement le sinistre au changement climatique d'origine humaine, sans détour ni prudence rhétorique, et va jusqu'à citer les pompiers eux-mêmes anticipant des feux de plus en plus fréquents — une manière de faire porter le poids de la conclusion par les acteurs de terrain plutôt que par la rédaction. Ce qui frappe surtout, venant d'une rédaction basée à des milliers de kilomètres de la Belgique, c'est la précision des détails logistiques : hélicoptères, avions bombardiers d'eau, quatre nationalités de pompiers citées nommément. Aucune condescendance de la distance, aucun raccourci — juste un désastre européen traité avec le même sérieux qu'un désastre local. Le climat, ici, n'a pas de passeport, et le traitement journalistique semble avoir tiré la même conclusion.
Titre original (traduit)
“L'incendie de forêt le plus important jamais enregistré en Belgique se dirige vers l'Allemagne
Thousands of hectares of forest in eastern Belgium have been engulfed by a massive wildfire, with flames reaching heights of up to 100 metres. The blaze, which broke out on 18 July in the Ardennes region, has already claimed the lives of six people and forced the evacuation of around 4,000 residents from nearby towns and villages.
Des milliers d'hectares de forêt en Belgique orientale ont été ravagés”
Résumé de l'article
La Belgique fait face à son plus grand incendie de forêt jamais enregistré, ravageant 3 000 hectares dans la région des Hautes Fagnes depuis vendredi, avec des flammes se dirigeant vers la frontière allemande. Des pompiers belges, allemands, luxembourgeois et néerlandais, soutenus par l'armée et l'UE (trois hélicoptères et deux avions bombardiers d'eau), tentent de contenir le feu qui a déjà doublé le record précédent de 2011. Cet incendie s'inscrit dans une vague européenne d'importants feux liés aux sécheresses causées par des vagues de chaleur successives et au changement climatique d'origine humaine, tandis que l'Allemagne ordonne l'évacuation près de la frontière et que deux morts sont signalés en Grèce.
CGTN fait un geste rare : compter les morts en ouverture. Quatre décès, nommés pays par pays — deux en Grèce, un soldat espagnol, plus des décès grecs antérieurs — avant même de décrire l'ampleur des surfaces brûlées. C'est un choix de hiérarchisation qui distingue ce texte des autres sources, davantage centrées sur les hectares et la mobilisation logistique. Le vocabulaire choisi — dépassent les capacités régionales — pointe discrètement vers une limite structurelle plutôt que vers un simple pic météorologique exceptionnel, sans toutefois nommer explicitement une défaillance politique. C'est une nuance qui mérite d'être notée : la mobilisation militaire et transfrontalière est présentée comme nécessaire précisément parce que les États, seuls, ne suffisent plus. On reste dans le registre du constat, jamais de l'accusation, mais le sous-texte est là, entre les lignes d'une dépêche qui parle des flammes tout en interrogeant, sans le dire frontalement, les limites de la souveraineté nationale face à un phénomène qui ne connaît pas de douane.
Titre original (traduit)
“Les feux de forêt en Europe font des morts et des dégâts
Des incendies ravagent l'Europe et font des morts sur leur passage
Les incendies font des ravages en Europe, semant la mort et la destruction”
Résumé de l'article
Une vague de feux de forêt ravage l'Europe du sud et du centre, tuant au moins quatre personnes (deux en Grèce, un soldat en Espagne, plus les décès grecs antérieurs) et forçant l'évacuation de milliers de civils. En Espagne, un incendie majeur en Aragon a brûlé 16 600 hectares mobilisant 1 000 pompiers et 40 appareils aériens, tandis qu'en Belgique un feu record ravage une zone frontalière avec l'Allemagne. La crise est attribuée à des températures historiquement élevées, des conditions de sécheresse extrême et des vents forts accélérant la propagation des flammes.
Six pays. C'est le chiffre que Europesays met en scène comme une preuve en soi — Belgique, France, Croatie, Grèce, Espagne, Slovénie — une liste qui, à elle seule, fait basculer le récit d'une série d'incidents nationaux vers quelque chose qui ressemble à un événement continental. L'article est aussi le seul à mentionner l'arrestation de quatre suspects en Croatie pour avoir causé des incendies côtiers — un détail judiciaire qui introduit, discrètement, l'idée que tous les feux ne naissent pas du ciel. C'est une nuance importante face à un narratif dominant qui attribue presque tout à la chaleur et à la sécheresse : ici, la main humaine directe fait une apparition, même brève. Le texte parle de mécanismes de crise d'échelle européenne activés — une formule qui sonne presque technocratique, mais qui a le mérite de nommer ce que d'autres laissent flou : il existe une architecture de réponse, avec ses hélicoptères comptés et ses avions recensés. Reste la question que personne ne pose vraiment : cette architecture suffit-elle à la hauteur de six incendies simultanés, ou n'est-elle que la meilleure réponse disponible à un problème qui la dépasse déjà.
Titre original (traduit)
“L'Europe continue de lutter contre les incendies de forêt alors que la Belgique connaît le plus grand sinistre de son histoire
L'Europe poursuit son combat contre les incendies de forêt alors que la Belgique enregistre son plus grand incendie jamais documenté”
Résumé de l'article
La Belgique fait face à son plus grand incendie de forêt documenté, le feu des Hautes-Fagnes ayant doublé en 24 heures pour atteindre 3 000 hectares, alimenté par des conditions de chaleur extrême et des tourbières asséchées. Plus de 250 pompiers belges et des renforts d'Allemagne, Luxembourg et via le mécanisme européen de protection civile (trois hélicoptères, deux avions bombardiers d'eau) combattent le sinistre qui menace la frontière allemande. En parallèle, la France gère des foyers majeurs dans les Landes (1 700 hectares) et les Ardennes, la Croatie a arrêté quatre suspects d'avoir causé des incendies côtiers, et la Grèce, l'Espagne et la Slovénie affrontent également des blazes au contexte de sécheresse persistante.
Ce qui distingue le Guardian, c'est sa construction en tryptique humain : un couple âgé mort à Salamine, un soldat espagnol tombé en Aragon, et la Belgique qui brûle en toile de fond. Trois pays, trois morts, une seule phrase qui les relie — une manière de raconter la catastrophe par ses victimes plutôt que par ses hectares. La plupart des autres sources citent le bilan humain en une ligne noyée dans les chiffres de surface ; ici, les morts ouvrent le récit. Le détail du terrain — tourbières, passerelles en bois, forêts denses — sert moins à expliquer la difficulté technique qu'à faire sentir combien ce paysage protégé se retourne contre ceux qui tentent de le sauver. On notera aussi ce que l'article ne fait pas : il ne pose jamais la question de savoir pourquoi trois pays combattent trois feux sans qu'aucune structure commune ne semble avoir anticipé la simultanéité. La solidarité est décrite comme un fait acquis — suédois, néerlandais, allemands accourent — jamais comme le symptôme d'un manque de préparation partagée. Résultat : une lecture qui bouleverse par les visages, mais qui laisse la question de la gouvernance climatique européenne hors champ.
Titre original (traduit)
“Les feux de forêt font deux morts en Grèce et ravagent une réserve naturelle en Belgique
Two people have died in wildfires in Greece, as extreme heat continues to sweep across southern Europe. The deaths occurred near the town of Alexandroupoli in northeastern Greece, which has been engulfed by flames for the past several days.
Deux personnes ont péri dans les feux de forêt en Grèce, tandis qu'une chaleur extrême continue de balayer le sud de l'Europe. Les décès se sont produits près de la vil”
Résumé de l'article
Des incendies ravagent simultanément plusieurs pays européens : en Grèce, un couple âgé a péri dans les flammes sur l'île de Salamine ; en Belgique, le plus grand incendie du siècle moderne dévaste 3 000 hectares de la réserve naturelle des Hautes Fagnes près de Liège, menaçant la frontière allemande ; en Espagne, un soldat est mort en aidant à combattre un feu en Aragon qui brûle depuis une semaine. La Belgique mobilise 250 pompiers et personnels d'urgence, renforcés par des moyens aériens suédois, néerlandais et allemands, tandis que le terrain accidenté (forêts denses, tourbières, passerelles en bois) complique les opérations terrestres.
Blick choisit une citation qui vaut son pesant d'or journalistique : le feu est décrit comme « pas sous contrôle » malgré les progrès, un aveu rare dans une couverture où la plupart des sources préfèrent le vocabulaire rassurant de la mobilisation. C'est un média suisse qui regarde ses voisins brûler avec le recul de qui n'est pas directement dans la ligne de feu — et cette distance se sent dans le choix de personnaliser le récit autrement : les agriculteurs locaux apparaissent aux côtés des pompiers, une figure que presque aucune autre source ne mentionne. Ce sont eux qui connaissent le terrain, qui savent où l'eau manque, où le vent tourne — une présence qui humanise la lutte sans la transformer en victoire. Le contraste avec les Landes françaises, où le feu est « fixé » et où 250 habitants rentrent chez eux, agit comme un contrepoint presque rassurant, une respiration dans un article par ailleurs sombre. Mais cette juxtaposition — un feu maîtrisé ici, un autre hors de contrôle là — dit surtout que la carte de l'Europe en feu ce mois-ci est faite de hasards locaux plus que d'une réponse unifiée. Le tableau d'ensemble reste fragmenté, feu par feu, frontière par frontière.
Titre original (traduit)
“La Belgique face à l'un des pires incendies de son histoire”
Résumé de l'article
La Belgique affronte l'un de ses pires incendies historiques, ravageant près de 3000 hectares dans les Fagnes frontalières avec l'Allemagne depuis vendredi. Des centaines de pompiers, soutenus par des agriculteurs locaux et deux hélicoptères allemands déployés pour sept jours, travaillent sans relâche pour contenir un feu décrit comme « pas sous contrôle » malgré les progrès. En parallèle, un incendie dans les Landes françaises (1700 hectares) est désormais « fixé » permettant le retour de 250 habitants, tandis qu'en Espagne, un soldat a péri lors des opérations d'extinction en Aragon.
Ce qui saute aux yeux dans cet article, c'est le détail que presque personne d'autre ne relève : les munitions non explosées de la Seconde Guerre mondiale qui compliquent la lutte contre le feu près de Gey, à la frontière belge. Un fragment d'histoire enfoui depuis quatre-vingts ans qui refait surface littéralement sous les flammes — une image qui dit à elle seule combien les frontières européennes portent des strates de mémoire que le feu vient rouvrir. Le choix de mentionner la France comme vivant son année la plus sèche jamais enregistrée ajoute une gravité factuelle rare, ancrée dans un record plutôt que dans l'impression générale de canicule. L'article élargit aussi le cadre en incluant le Royaume-Uni et ses mille incendies annuels, un chiffre que la plupart des autres sources ignorent complètement, focalisées qu'elles sont sur la Belgique et l'Espagne. Cette amplitude géographique, combinée à une mention explicite de l'impréparation structurelle des régions nord-européennes, construit un récit qui dépasse la simple accumulation de foyers pour interroger la capacité d'adaptation des sociétés concernées. Le vestige de guerre retrouvé sous la cendre reste pourtant l'image qui s'impose — un rappel que le sol européen garde la mémoire de plus d'un incendie.
Titre original (traduit)
“Les pays européens combattent de multiples incendies de forêt alors qu'une chaleur record étreint le continent”
Résumé de l'article
Une vague de feux de forêt ravage plusieurs pays européens dans un contexte de chaleur extrême : la France connaît son année la plus sèche jamais enregistrée avec des incendies en Gironde et dans les Landes forçant l'évacuation de 500 habitants, tandis qu'en Allemagne près de 300 hectares brûlent dans la forêt de Hürtgen menaçant la village de Gey à la frontière belge (complications dues aux munitions non explosées de la Seconde Guerre mondiale). Au Royaume-Uni, plus de 1 000 incendies ont été enregistrés cette année, dont des foyers significatifs dans les Midlands de l'Ouest. Ces catastrophes surviennent lors de températures record (38-41°C) attribuées au changement climatique d'origine humaine, affectant particulièrement les régions mal adaptées à une telle chaleur.
Le Straits Times pose une précision que peu d'autres sources égalent : la cinquième vague de chaleur de l'été, un chiffre qui transforme un événement isolé en point culminant d'une série déjà longue. Écrit depuis Singapour, ce compte rendu regarde l'Europe brûler avec la rigueur factuelle d'un journal habitué à documenter méthodiquement plutôt qu'à dramatiser — et cette rigueur transparaît dans l'attention portée à la pollution par la fumée, un aspect sanitaire que la majorité des articles relèguent au second plan derrière les hectares et les renforts aériens. La phrase sur l'absence d'habitation touchée « pour l'instant » installe une tension suspendue plutôt qu'un verdict, une manière de dire que rien n'est encore joué sans céder au sensationnalisme. Le lien explicite avec le changement climatique anthropogénique, porté par la référence aux scientifiques plutôt qu'aux autorités locales, donne à l'explication une autorité différente de celle des articles qui se contentent d'évoquer la sécheresse en passant. C'est un choix révélateur : quand on écrit depuis une région qui vit sa propre relation complexe avec la chaleur extrême, on sait peut-être mieux repérer qu'un demi-degré de plus n'est jamais anodin.
Titre original (traduit)
“Le plus grand incendie de forêt jamais enregistré en Belgique se rapproche de l'Allemagne
L'incendie qui fait rage depuis plusieurs jours dans la région de Linamish, en Belgique, s'est propagé à une vitesse alarmante et menace désormais les zones frontalières avec l'Allemagne. Les autorités belges ont déclaré l'état de catastrophe naturelle alors que les flammes dévastent des milliers d'hectares de forêt.
Les pompiers belges, soutenus par des renforts venus de France et des Pays-Bas, luttent s”
Résumé de l'article
La Belgique fait face à son plus grand incendie de forêt jamais enregistré, qui a consumé 3 000 hectares depuis le 14 août dans la réserve naturelle des Hautes Fagnes, à l'est du pays. Les flammes se dirigent vers la frontière allemande, forçant l'évacuation de villages et poussant les autorités allemandes à conseiller aux résidents frontaliers de quitter leurs zones ; aucune habitation n'a été touchée pour l'instant mais la pollution par la fumée est importante. L'Union européenne a déployé des renforts aériens (trois hélicoptères et deux bombardiers d'eau) tandis que les pompiers de Belgique, Allemagne et Luxembourg combattent le feu alimenté par la cinquième vague de chaleur de l'été. Les scientifiques établissent un lien avec le changement climatique d'origine humaine, qui favorise les conditions sèches et chaudes propices aux incendies.
Ce compte rendu se distingue par son sens du détail temporel : quatre-vingts hectares vendredi, trois mille deux jours plus tard — une progression que l'article égrène presque minute par minute, comme pour faire ressentir la vitesse à laquelle le sol s'est dérobé sous les pompiers. La référence à 1911 ancre l'événement dans une mémoire longue rare dans cette couverture, où la plupart des articles se contentent de comparer au record de 2011. Le ministre de l'Intérieur belge est cité directement décrivant deux fronts « sous contrôle » — une nuance importante, presque optimiste, qui tranche avec la description suisse d'un feu encore hors de maîtrise. Ce léger désaccord entre deux sources européennes sur l'état réel du sinistre en dit long sur la difficulté de statuer, en direct, sur une catastrophe encore mouvante : chacun raconte midi à sa porte selon l'heure de son bouclage. L'insistance sur le terrain fragile des tourbières, motif récurrent de cette couverture, trouve ici une formulation presque tactile — des tourbillons de fumée qui rendent l'exercice aussi périlleux qu'aveugle. Au bout du compte, cette version depuis le Pakistan raconte moins une crise climatique qu'une bataille d'ingénierie et de logistique contre un paysage qui refuse de coopérer.
Titre original (traduit)
“Les feux de forêt belges explosent en ampleur
Un incendie record en Belgique s'étend rapidement
L'incendie belge record gagne du terrain
Les murs de flammes se propagent plus vite que prévu à travers les landes sèches de Belgique, menaçant des villages et forçant des milliers d'habitants à fuir. Les autorités ont déclaré un désastre naturel alors que le plus grand feu jamais enregistré dans le pays continue de s'étendre.”
Résumé de l'article
La Belgique fait face à son plus grand incendie de forêt depuis 1911 : le feu des Hautes Fagnes, qui a commencé vendredi dans une réserve naturelle difficile d'accès, s'est étendu de 80 hectares à 3 000 hectares en deux jours, contraignant à l'évacuation partielle de deux villages. Plus de 250 pompiers belges et allemands, soutenus par des hélicoptères belges et néerlandais ainsi que des avions suédois de largage d'eau, luttent contre l'incendie, compliqué par le terrain fragile des tourbières et des tourbillons de fumée. Bien qu'aucune habitation n'ait été touchée pour l'instant, les autorités décrivent les conditions comme « difficiles » et deux fronts du feu sont maintenant « sous contrôle » selon le ministre de l'Intérieur.