Synthèse Correspondant
Datafolha donnait Lula à 45 % et Flávio Bolsonaro à 42 % la veille du vote ; MercoPress ajoute Quaest, qui plaçait le président cinq points devant. Sul 21 exhume l'enquête AtlasIntel/Bloomberg — Lula à 47 % contre 44,1 %, un écart donné comme dans la marge d'erreur d'un point — et rappelle que 52,5 % des personnes interrogées désapprouvaient l'action du président sortant. France Info note que les enquêtes avaient déjà sous-estimé la droite « comme en 2018 ». Le second tour est daté : 25 octobre.
Flávio Bolsonaro, sénateur et fils de l'ancien président Jair Bolsonaro, devance Lula d'environ 2,2 à 2,5 millions de voix selon les décomptes. ABC Color est la seule des quinze sources à poser un repère historique : avec 92 % des suffrages à eux deux, ce premier tour est le plus polarisé depuis 1985. Le même quotidien paraguayen chiffre la poussée institutionnelle de la droite — le Parti libéral (PL) double son groupe au Sénat, à 28 sièges — quand Courrier International cite O Globo : au moins 33 sénateurs élus défendent publiquement la destitution de juges du Tribunal suprême fédéral (STF).
Opinión, en Bolivie, raconte la soirée par la famille : Michelle Bolsonaro élue sénatrice du District fédéral, Carlos sénateur de Santa Catarina, Jair Renan député du même État, Renato député fédéral de São Paulo. Courrier International en nomme trois (Michelle, Carlos, Jair Renan) ; seule Opinión ajoute Renato Bolsonaro.
L'électorat que Lula devra reconquérir, MercoPress le désigne : l'abstention, qui frappe traditionnellement les électeurs à bas revenus, sa base. Consultor Jurídico en donne la mesure : plus de 21 % des inscrits, soit 33,2 millions de personnes ; Opinión et Courrier International rappellent que le vote est obligatoire au Brésil, ce qui rend l'ampleur du détachement plus parlante encore.
Les félicitations sont arrivées avant le second tour. La Tercera cite Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, saluant une « grande victoire » et souhaitant « bonne chance pour la finale » pour un scrutin où son « ami » est crédité de 47 %. ABC Color relève celles de Javier Milei ; El Financiero inscrit le résultat dans l'effort du président américain Donald Trump pour réaffirmer la primauté américaine dans les Amériques.
Reste la lecture du vote elle-même, et là les rédactions se séparent. El Financiero rapporte que la campagne de Lula y voit un « rejet plus large » du Parti des travailleurs (PT) allant au-delà de Lula lui-même, information attribuée à deux personnes proches du dossier ; Folha de S.Paulo décrit un Flávio Bolsonaro parti discrédité et sans le soutien d'autres partis, devenu rassembleur d'un vote antipétiste, face à un Lula qui avait répondu dès septembre par des mesures sociales à fort appel électoral.



